La montagne, cela vous gagne ! - Mark Smith

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La montagne, cela vous gagne !

La montagne, cela vous gagne ! - Mark Smith

J’ai toujours aimé les sensations fortes, vivre à 100 mille à l’heure, aller là où le vent me mène. À mon plus grand désarroi, celui-ci s’est arrêté le temps d’un changement. Autrefois, j’avais cette chance unique de pouvoir allier ma passion à ma profession. Je peux maintenant me permettre de le dire, à la vue des circonstances, ce n’est pas donné à tout le monde.

Depuis ma tendre enfance, j’ai toujours eu la satisfaction de m’adonner à ce véritable plaisir qu’est de skier (à chaque hiver, incontestablement). Il paraissait donc évident d’en faire mon métier. Le véritable challenge a été de ne pas baisser les bras, puisque l’offre a toujours été bien en deçà de la demande. L’implication étant, j’ai fini par enfin devenir ce que je voulais être : moniteur de ski.

Quoi de mieux que le grand air frais de la montagne, le soleil d’altitude, sans oublier le bon vin chaud en fin de journée. Oui, oui, ne jamais sous-estimer l’intensité des journées glaciales. Un petit remontant, quoi de mieux ?

La vie est parfois cruelle et injuste. Juste d'y penser ravive une douleur qui a bien du mal à s’éteindre. Suite à une chute malencontreuse, j’ai dû accepter, bien malgré moi, une évidence qui m’a paru, et ce jour encore, bien insupportable. Ma plus grande déception a été d’apprendre que je ne pourrais plus exercer mon métier, ma passion, ce besoin. Cette douleur était encore pire que, alors que j'étais adolescent, j'avais dû aller voir un médecin pour un traitement acne. À cette époque, mon problème de peau me semblait la pire chose qui pouvait m'arriver. Mais d'apprendre que je devais accrocher mes planches a été bien pire.

Je n’ai jamais véritablement imaginé ma vie autrement que celle qui était auparavant la mienne. Pour moi, il n’y avait rien de plus excitant, de plus valorisant. Il me revenait assez régulièrement des : « Attention à toi », « Prend garde, un jour, tu vas te faire mal ». Dans le contexte qui est le mien, il est vrai que je n’en n’avais jusqu’alors jamais saisi toute la portée. J’ai toujours pris cela à la « rigolade », blaguant sur le fait que je pouvais tout aussi bien perdre l’usage de mes doigts à force de changer les chaînes de mon téléviseur. La phrase avait bien du succès auprès de mes amis et de ma famille…

Ma jambe droite me fait mal. Terriblement mal. Une vraie petite fainéante au point de toujours devoir la relever à l’aide de mes mains. Le temps faisant, on finit par s’y habituer, inlassablement. Il faut se servir de cette dure réalité pour la transformer en une force incommensurable. Dès lors, j’ai passé mes matinées à consulter les annonces d’emploi sur le net, car il n’était certainement pas question de me laisser sombrer dans la facilité. Un proche m’avait conseillé de répondre à une offre d'emploi, afin de me réintégrer à la vie professionnelle. Je ne regrette pas.

Le « hourra » de fin s’annonce par le fait qu’aujourd’hui, je suis de nouveau sur les rails. Je ne perds pas le nord, car cela se rapproche précisément de ce que j’aime faire, et qui est indéniablement lié à mon ancienne profession. Je vous laisse imaginer, cela consiste tout simplement à faire connaitre au plus grand nombre, cette délicieuse liqueur de la montagne dont je vous laisse deviner le nom.