La montagne est une enseignante - Mark Smith

Mon blogue

La montagne est une enseignante

La montagne est une enseignante - Mark Smith

Il y a peu de temps, j'ai eu la joie de regarder le très bon film américain « Vertical Limit ». C'est vraiment un film très intéressant sur la résilience face au froid, à la douleur, au stress, à la séparation, au doute, à l'inquiétude, au manque de confort. Toutes ces choses que l'on vit plus ou moins intensément chaque jour, mais qui dans ce contexte montagneux, sont vraiment poussées à l'extrême.

Le sang-froid et l’endurance dont savent faire preuve les montagnards forcent le respect. Mon cher papa qui avait fait beaucoup de montagne avait ces qualités immenses de savoir toujours garder son calme en toute circonstance et de ne « pas lâcher le morceau », comme on dit souvent.

Quand je vois certaines personnes paniquer parce qu'elles se font enlever quelques varice au laser, ou même retirer une dent, je ne peux m'empêcher de sourire. Et pourtant,  on peut comprendre que tout ce qui touche à la santé est très particulier, et peut faire peur, ou raviver des peurs.

Une amie a récemment subi une deuxième mastectomie, et je suis vraiment époustouflée devant son courage et sa force de vie. Cela force vraiment l'admiration. Comme par hasard, Jeanne fait beaucoup de montagne.

Dans ce genre de film comme « Vertical Limit », on découvre des caractères bien trempés, des personnes qui arrivent à repousser leurs limites physiques, et ont un mental extrêmement fort. Ce n'est certes pas donné à tout le monde, mais certains humains ont cette capacité à savoir surmonter les pires épreuves. C'est quelque chose que j'ai également étudié dans « L’archipel du Goulag » d’Aleksandr Soljénitsyne. Ce livre incroyable raconte en trois tomes les péripéties de dizaines d'hommes et femmes qui ont su survivre au joug soviétique, malgré des traitements absolument inhumains.

Quand je vois le confort dans lequel nous vivons aujourd'hui, je me dis que vraiment nous savons peu apprécier notre chance. Il y a encore tellement de gens dans le monde qui souffrent, je pense que nous occidentaux n'avons pas le droit de nous plaindre, même si la vie est difficile aussi ici pour d'autres raisons. Nous avons quand même un confort de vie qui n’est pas généralisé dans le monde. Les soins qui sont mis à notre disposition font de nous des privilégiés.

Il m’aura fallu du temps pour apprécier les valeurs de la montagne, car petite, je ne comprenais pas ces heures passées dans le silence à marcher vers les sommets. Il faut dire que j’avais gardé un mauvais souvenir d’une marche avec mes parents où il faisait très froid, et où je peinais à monter. Par contre, j’ai gardé un souvenir ému d’une descente avec mes parents pendant laquelle je me suis sentie voler ; mon père m’appelait « son petit cabris ». La descente peut être aussi dangereuse que la montée, mais dans les 2 cas, il faut savoir où on met les pieds, il ne faut pas aller trop vite. La montagne somme toute, donne d’excellentes règles de vie. Enfin, je l’ai compris, et du haut du ciel, cela doit faire sourire mon cher Papa ... Le « petit cabris » a un peu grandi …