Un accident dans le bois - Mark Smith

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Un accident dans le bois

Un accident dans le bois - Mark Smith

En me lançant dans cette promenade, un matin de juillet, je ne pensais pas que la journée serait si remplie en surprises. Si j’étais resté chez moi, comme je l’avais prévu, jamais je n’aurais été amené à rencontrer ces personnes si gentilles, et nous ne serions pas devenus amis. Le soleil était levé depuis seulement une heure et sa lumière était déjà vive. J’ai arrosé mes plantes les plus fragiles, et cette sortie me fit tant de bien, que j’ai pris un sac à dos où j’ai placé une bouteille d’eau et un paquet de gâteaux, puis j’ai suivi la route jusqu’à ce qu’elle se transforme en sentier. Les chênes et les bouleaux peuplent cette partie de la forêt, et leurs branches me procuraient un couvert végétal, ombré et frais. J’ai donc avancé sans me soucier de la chaleur de plus en plus présente, puisque j’étais protégé de l’ardeur du soleil.

Tout en marchant, des pensées me venaient. J’avais noté un rendez-vous avec mon planificateur financier MontrĂ©al, dans deux jours, et j’ai vérifié que j’avais programmé un rappel. J’ai avancé tranquillement jusqu’à ce que ma progression soit stoppée par un cours d’eau. Deux options s’offrirent à moi, soit je longeais la rivière jusqu’à ce que je puisse la traverser, soit je remontais mon pantalon jusqu’à mes genoux, et je la traversais de cette façon. Ce fut cette alternative que j’ai choisie. Le fond de la rivière était un peu glissant, mais je suis parvenu de l’autre côté sans tomber. Je me suis posé quelques minutes pour observer. L’eau courait sur les pierres, le vent secouait les longues branches des saules, le temps semblait suspendu. Je me suis allongé et je me suis endormi, bercé par les doux sons de l’eau et du vent.

Quand je me suis réveillé, la soif et la faim me tenaillaient. J’ai vu que ma bouteille s’était ouverte, et que le contenu s’était répandu dans le sac, en inondant les gâteaux, qui n’avaient plus rien de secs. Je voulus faire demi-tour, retraverser, mais mon inattention a été la cause de ma chute et je me suis foulé la cheville. La surprise de cette douleur intense me fit crier. Je suis ressorti en peinant de l’eau. Marcher était une torture. Pour aider ma progression, j’ai cherché un bâton. Aucun n’était assez solide pour supporter mon poids, je dus me résigner à avancer en m’appuyant au maximum sur le côté où je n’avais pas mal.