Un fermier averti - Mark Smith

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Un fermier averti

Un fermier averti - Mark Smith

Je me promenais un jour, en vélo aux alentours de l’ancien village de mes grands-parents. Je m’arrêtais un instant au bord d’un champ, ou je voyais pour la première fois, un tracteur qui me paraissait un peu bizarre. Il portait sur le côté, des rouleaux de gros tuyaux, qui se déroulaient pour s’enfoncer sous le sol, grâce à une grosse lame qui tranchait, et recouvrait en même temps la terre. À la vue de mon étonnement, un fermier me disait qu’il était en train d’installer un système de drainage. Il venait d’acheter les terres, et avait besoin d’assécher certains endroits pour pouvoir faire pousser des pâturages pour de futures vaches qui n’étaient pas encore arrivées.

Je retournais un mois plus tard au même endroit, pour voir si je pouvais apercevoir une différence. Je retrouvais le même fermier qui m’expliquait que le drainage des terres agricoles était nécessaire pour les animaux, car cela empêchait certaines maladies. Ce fermier me disait qu’il faisait même pousser une sorte d’herbe au milieu de son pâturage, pour agir pour le bien de ses vaches, comme on le ferait pour les humains en phytothérapie. Il avait acquis pas mal de connaissances durant toute sa vie grâce à ses parents, mais m’avouait avoir enrichi tout son savoir en partant dans un pays étranger qu’il ne voulait pas me révéler, où un chaman lui avait révélé de quelle façon, pendant des siècles, lui et ses ancêtres avaient aidé à la guérison d’animaux, en agissant indirectement sur la nature. Pour l’instant, l’herbe était encore trop jeune pour que les vaches puissent venir la brouter.

Je retournais à vélo une dernière fois, juste avant de repartir en ville. Les premières vaches étaient déjà là. Elles paraissaient bien grasses et en bonne santé. Elles avaient de grosses taches, et leur présence donnait l’impression de voir une vieille carte postale. L’année suivante, elles étaient encore là, et quelques petits veaux les suivaient. L’herbe, cette fois, était plus dense et plus haute. L’hiver avait été particulièrement neigeux, et j’imagine que les drains ont été fortement sollicités pour leur première année d’utilisation. Je regardais ses pâturages qui étaient en partie comme une sorte de tisane homéopathique pour vache, et me disais qu’elles avaient bien de la chance d’avoir un fermier avenant, qui avait pris le temps de s’instruire pour le meilleur de la nature. Je prenais plaisir à venir dans cette ferme avec mon pot à lait, faire l’achat de ce fameux breuvage qu’offrent les vaches, en espérant que le remède du fermier puisse agir aussi sur mon propre corps.